Les supercheries ethnologiques
Bernard Traimond,
Centre d'études et de Recherches Ethnologiques
Université de Bordeaux 2
Résumé :
Cette recherche a pour but de mettre l'accent sur des difficultés
que rencontre aujourd'hui l'ethnologie et de définir les moyens de
les surmonter. Une difficulté de cette discipline résulte souvent
de la faible qualité des sources qu'elle utilise. Cette insufisance
apparait particulièrement quand des supercheries arrivent à se déployer.
Prenons quelques exemples.
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Psalmanaazaar (1680-1753) qui décrivit la langue, la religion, le système
politique, les coutumes de Formose et avait tout inventé. Seules ses
mémoires postumes dévoilèrent l'escroquerie.
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McPherson (1736-1796) publia les poèmes d'un barde du III ème siècle
affirmant l'originalité de la civilisation écossaise et la présence
d'épopées chez les paysans illétrés. L'authenticité de ces textes
est toujours en débat.
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La Villemarqué (1815-1895) a publié des chants bretons et très vite
fut accusé de supercherie. D. Laurent a retrouvé ses carnets d'enquête
et a montré la qualité de ses collectes.
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Castaneda en 1969 a présenté ses premiers textes comme le compte-rendu
d'enquêtes ethnologiques. Plus tard, il s'est éloigné de ces
préoccupations comme il l'ecrit lui-même, mais on ne sait guère la part
de recherche, de fabulation, d'escroquerie dans son oeuvre abondante.
En fait, la qualité d'une recherche s'affirme au travers des carnets
d'enquête dont la présence atteste l'enquête et ses limites. Seuls
ils permettent de reconstituer le passage du discours de l'indigène porteur
d'authenticité aux formes académiques qui déterminent la
validité d'un texte scientifique.
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